Un géant de la médecine….sans diplôme

Qui se souvient ou même a entendu parler de Hamilton Naki ?

Personne vraisemblablement exception faite de la poignée de gens qui ont pu l’observer bistouri en main lors d’une intervention chirurgicale importante.

Oui, ce Monsieur était une pointure dans le monde chirurgical de l’Afrique du Sud. Tout le monde se souvient de cette prouesse extraordinaire qui a eut lieu à l’hôpital Groote Schurr du Cap en ce 2 décembre 1967. Deux équipes travaillent en étroite collaboration. L’ une dirigée par Christian Barnard qui opère Louis Washkansky et doit au plus vite en changer le cœur dont seuls 30% fonctionnent encore et cessera de battre dans quelques heures tant il est usé,  l’ autre assistant le docteur Hamilton Naki qui doit prélever urgemment et dans les meilleures conditions de conservation, le cœur d’ une jeune femme décédée peu avant d’un accident de la route et dont l’organe doit être greffé sur Louis Waskkansky.

Une opération jamais tentée au monde. Elle fut couronnée de succès, le patient survivra 18 jours et décédera  d’une autre maladie. Chris Barnard est devenu une vedette mondiale et médiatique, invité et honoré aux quatre coins de la planète.

Quant à Hamilton Naki, rien, silence radio. C’ est un noir, un nègre,  il ne doit paraître sur aucune photo, et si par malheur il apparaît on dit que c’est le garçon de salle chargé du nettoyage. C’ est cela la vie dans l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Pire encore, Hamilton Naki n’ a aucun diplôme de médecine ayant quitté l’école à 14 ans.  A l’origine il est le jardinier de l’hôpital et se passionne de médecine il apprendra seul en regardant des médecins pratiquer des greffes sur des chiens et des cochons. Son talent exceptionnel dans l’art du bistouri le fait remarquer de Chris Barnard qui le prend dans son équipe.

Mais les lois sud africaines sont telles qu’il ne peut opérer ni toucher le sang des blancs. Qu’importe, il sera chirurgien clandestin. Pour lui cela ne pose aucun problème, seule l’intéresse la chirurgie. Durant toute son existence de chirurgien clandestin, il enseignera également… à des blancs et sera payé comme technicien de laboratoire, l’hôpital ne pouvant faire plus. Le soir il regagnait son township sans eau courante sans électricité,  c’était cela vie d’un nègre en Afrique du Sud, même pour un médecin de génie.

Il a enseigné la chirurgie pendant 45 ans et partit à la retraite avec 275 dollars par mois, la retraite d’un jardinier.Quand prit fin l’apartheid il reçut une décoration, fut fait médecin honoris causa de médecine. Hamilton Naki est mort en 2005 ,à l’âge de 78 ans  comme il a vécu, dans la clandestinité, la solitude, ignoré des médias et du grand public et pourtant c’était l’un des plus grands dans son art au service de l’autre.

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